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Compagnie Sandrine Anglade
ENTRE RÊVE ET LUCIDITE...

J’ai bien brassé le théâtre de Shakespeare depuis de nombreuses années, navigué d’un texte à l’autre, tourneboulée dans les questions de langues, de traductions, et puis voilà soudain que La Tempête s’est imposée à moi comme une évidence. Comme une envie irrépressible. Un maintenant incontournable.

Ma rencontre avec Eddie Chignara, en qui je vois un Prospero profondément humain (avec tous les contrastes que cela suppose), a scellé mon désir.

Mon inspiration s’appuie sur la tension qui existe dans la pièce entre son lyrisme (en termes langagiers mais aussi en termes d’images) et sa portée politique. Ce grand écart entre la forme du conte de fées, de la magie romanesque et la philosophie du pouvoir offre un terrain d’exploration à la fois formel et dramaturgique qui sied au metteur en scène de théâtre et d’opéra que je suis.

Ici, sans cesse, l’auteur crée le flou entre le monde réel et celui de l’illusion. Le théâtre est sans cesse mis en abîme. Et l’histoire de l’usurpation du pouvoir se joue à l’infini comme dans la profondeur du miroir. Des aristocrates aux ivrognes, la même histoire se rejoue toujours, dans des registres de langues et de jeux toujours renouvellés, sauf pour les deux jeunes amoureux que sont Ferdinand et Miranda.


Un récit comme une obsession. Un point de vue sur le monde toujours pourri et pourrissant suivant les mêmes noirceurs. L’histoire toujours répétée de l’usurpation du pouvoir de Prospero, duc légitime de Milan, chassé par son frère Antonio.

Prospero est l’auteur de cette tempête qui jette sur son île la société corrompue des royaumes de Milan et de Naples. Tempête physique tout autant que métaphorique, celle-ci permet à un père vieillissant de raconter à sa fille d’où elle vient.

Je crois que c’est pour elle, durant une journée, que s’éclaire et s’anime le théâtre de Prospero. C’est pour ses yeux de jeune fille qu’un père révèle le passé cherchant à l’émanciper de sa propre histoire. Une manigance magique d’un père pour sa fille afin de la confronter à la réalité, sans naïveté, en toute lucidité.


Ce faisant, le regard neuf que la jeune fille pose sur le passé et la transformation possible de l’avenir est une promesse de renouvellement. Une envie de résolution comme de réconciliation.

Une nouvelle traduction et adaptation sera réalisée pour l’occasion par Clément Camar-Mercier avec qui se pense également la dramaturgie du spectacle.

La musique, les chansons (trois instrumentistes et les comédiens chanteurs) accompagneront ce travail pour lui apporter de la chair, de l’affectif, du sensible mais aussi de la mélancolie. Le répertoire sera puisé dans les musiques baroques qui ont jalonné l’histoire musicale de la pièce (Johnson, Lock, Purcell).
La scénographie mettra en scène cette idée du dévoilement successif. Des voiles qui racontent le bateau dans la tempête, le vent, créant des espaces aériens jouant d’ombres et de lumières, le mouvement d’Ariel, le labyrinthe mythologique de l’île de Prospero.


Sandrine Anglade, avril 2018

  

CREATION octobre 2020
Scène Nationale Sud Aquitain, Bayonnes

William Shakespeare

Avec
Eddie Chignara : Prospero
Sarah-Jane Sauvegrain : Ariel
Damien Houssier : Caliban / Sebastien
Laurent Montel : Antonio / Trinculo
Alonso / Stephano en cours
Miranda en cours
Ferdinand en cours

et trois instrumentistes mêlant musique baroques (Johnson, Lock, Purcell...) et création sonore.

Nouvelle traduction et adaptation : Clément Camar-Mercier
Mise en scène : Sandrine Anglade

Scénographie : Mathias Baudry
Lumières : Caty Olive
Costumes : Cindy Lombardi

            
La Tempête
  
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