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Compagnie Sandrine Anglade
A propos de La Fabula di Orfeo
Angelo de Poliziano
Mise en scène par Sandrine Anglade

Il n’est pas à propos ici de revenir sur la singularité même du matériau textuel et musical utilisé pour cette re- création de l’Orfeo de Poliziano, et comment le théâtre trouve son intérêt à travailler ces formes de parler-chanter qui ont à voir avec ses origines.
D’ottava en capitoli, de sonetto en canzone, traversés de polyphonies, nous nous sommes tous avec le temps laissés apprivoiser par cet état particulier auquel nous invite la versification du texte de Poliziano. C’est à être naïf (ou sincère), simple (ou poétique) qu’il nous convoque passé l’inquiétude des mystères qu’il contient en lui.
Alors nous nous sommes mis à écrire … à inventer, avec Francis Biggi, une dramaturgie à l’intérieur de laquelle s’organise le déroulement du poème lui-même, fragmenté de « suspens » musicaux (vocal ou instrumental). Le centre de notre conviction, c’est la respiration commune du groupe de jeunes interprètes formés pour le projet. Ceux-ci incarnent trois niveaux à gérer sur le plateau : le monde des vivants (celui des bergers notamment), le monde des morts, le monde des accompagnateurs, des « anges » de la nuit. Les musiciens sont ainsi autant de figures d’un Mercure ailé, autant d’ombres aussi sur le chemin qui mène vers le royaume de la mort.
 
Ce qui nous est apparu comme le vrai évènement de cette histoire, ce n’est pas qu’Orphée aille vers l’Hadès, c’est qu’il en ressorte. Comment au théâtre rendre perceptible dans l’émotion ce passage d’un monde à l’autre ? Faire ressentir cette bipartition du monde, cette compénétration même des vivants et des morts s’institua comme le socle de notre travail dramaturgique et scénographique.

Alors nous avons eu envie de raconter ainsi cette histoire …

Par la porte qui ouvre sur un autre monde, entre une petite fille, à la cheville bandée, réminiscence d’une morsure, celle qui emmena Eurydice vers le royaume des morts alors qu’elle tentait d’échapper au berger Aristeo. L’enfant avance à tâtons sur un sol jonché de « vêtements-fragments » de fleurs, sur lesquels sont couchés les chanteurs, engourdis par le sommeil des siècles. Au fond du plateau se détachent, comme une fresque, les ailes de tous les mercures-musiciens. Fascinée, l’enfant touche les ailes de l’un d’entre eux et redonne vie ainsi à la scène qui s’anime alors dans le chant et la musique. Un lent réveil.

A l’écart, Orphée repose. La musique rappelle au théâtre la présence d’Eurydice.

L’histoire se rejoue : la morsure d’Eurydice par la puissante passion du serpent Aristeo et la détresse d’Orphée à l’annonce de la mort de sa nymphe. Sur le plateau est tombé un grand cadre chromé ajouré, qui partage dorénavant l’espace en deux : les vivants et les morts.
Orphée bascule alors dans un évanouissement, une mort, telle que les autres acteurs l’interprète, une façon d’être happé par le royaume d’Hadès. Il est soustrait au monde visible, disparaissant de l’autre côté du cadre.
Il n’y a plus qu’à entrer dans la représentation de l’histoire. Pour raconter le silence des morts les vivants se distribuent les rôles : Par amour pour Orphée, le berger Mopso jouera Orphée face à Pluton ; par amour pour Eurydice, Aristeo jouera le rôle d’un pluton magnanime et bienveillant ; par fascination pour Eurydice, le jeune berger Tirsi la représentera ; par fidélité à Aristeo, le dernier berger jouera Proserpine. Derrière le cadre, la même scène se joue en miroir, dans le silence de l’Hadès. Ainsi Orphée, en sortant des enfers, fait surgir la réalité dans le théâtre. Le cadre ajouré s’est relevé et a fait s’évanouir avec lui la profondeur du monde des morts.

Dans son désespoir, sa rage, sa détestation pour Eurydice, Orphée arrache aux acteurs de la comédie leurs costumes et s’en revêt. Ceux-ci lui répondent comme des furies et le dépècent de ses vêtements accumulés. Corps d’Orphée déchiqueté qui s’enfonce sous les vêtements- fragments de fleurs qui jonchent le sol.
Après l’ivresse de la bacchanale, les chanteurs et musiciens retournent à un endormissement. Contre le sol, le souffle d’Orphée lui fait encore chanter un ultime chant d’amour, comme un souvenir lointain. L’enfant-Eurydice vient gratter la terre de vêtements qui le recouvre, et le prend dans ses bras.

Distribution                                                Rôle                                                                           Voix

Julie Mazille (flûte)                                         Mercure, une bacchante                                             Soprano
Maxime Battistela                                         Orphée (dans le monde des vivants)                          Baryton
Mauro Borgioni                                              Aristeo, Pluton                                                             Baryton
Simone Sorini                                                  Ariste, Orphée                                                             Ténor
Monica Prada                                                 Mopso, Eurydice                                                         Soprano
Caroline Tarrit                                                Proserpine, une bacchante                                         Mezzo
Sylvain Merret                                               L'âme d'Orphée
Isabelle Terracher                                          L'âme d'Eurydice


Joëlle Berthet                                                 Flûtes
Patricia Esteban                                             Flûtes
Nicolas Sansarlat                                            Rebec, Lyra da braccio
Christelle Poncet                                            Vièle
Eric Grellety                                                   Vièle, viole
Christoph Barth                                              Luth
Massimiliano Dragoni                                    Percussions

Sandrine Anglade                                           Mise en scène
Francis Biggi                                                   Direction musicale
            
La Fabula di Orfeo
Angelo de Poliziano
Production déléguée Fondation Royaumont
Coproduction Compagnie Sandrine Anglade