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Compagnie Sandrine Anglade
A propos du Médecin malgré lui
Comédie de Molière arrangée en opéra comique
par Jules Barbier et Michel Carré (1858)

Lors de sa création au Théâtre-Lyrique, le 15 janvier 1858, cet ouvrage en trois actes fit l’admiration de Berlioz qui en loua l’élégance vocale, la finesse instrumentale et la correction prosodique. La singularité de l’oeuvre est révélée par son titre : « comédie de Molière arrangée en opéra comique par Jules Barbier et Michel Carré ». Autrement dit, Molière reste le maître du jeu. La convention que constitue l’alternance du parlé et du chanté propre au genre de l’opéra- comique trouve ici sa parfaite justification : la partie parlée reproduit le texte original de la pièce créée en 1666 ; seules les parties chantées sont écrites par les librettistes Barbier et Carré qui imitent avec assez d’habileté la manière de Molière. En 1923, Erik Satie composera des récitatifs pour que l’oeuvre soit chantée de bout en bout, ce qui n’est pas sans présenter l’inconvénient de modifier l’unité de la version originale où comédie et musique se répondent en un parfait ajustement.

La dédicace de la partition dit assez ce qu’elle doit aussi au contexte du Second Empire. Gounod l’adresse « à son Altesse impériale Madame la princesse Mathilde » son amie et protectrice, cousine de Napoléon III, surnommée « Notre-Dame des Arts » pour le soutien éclairé qu’elle apporta aux artistes qui aspiraient à s’exprimer de façon novatrice et libre sous un régime séduit par l’académisme pompeux.

L’éditeur Colombier publia en 1858 Le Médecin malgré lui sous trois formes : la réduction pour chant et piano, les morceaux de chant séparés et le matériel d’orchestre en parties séparées. A cet ensemble, il faut ajouter l’impression du livret par l’éditeur Michel Lévy. La production que projette la Fondation Royaumont sera fidèle à ces sources originales.


Saisir une forme…

Drôle de rencontre que celle de Molière et de Gounod, du XIXe siècle contaminé par le XVIIe : frottement des écritures, des rythmes, des atmosphères, de la musique et du théâtre mélangés. Rendre compte de la forme même de l’opéra comique au coeur duquel se jouxtent les temps et les genres. C’est cette explosive disjonction que nous tentons de mettre en scène : la rencontre de deux temps du théâtre, de deux époques, quand le naturalisme gris du XIXe siècle se laisse traverser de part en part par la volubilité baroque, la couleur de l’ivresse et du plaisir.

Sur son lit de malade, au coeur de la maison de Géronte, trône une muse du théâtre aphasique : Lucinde, fille de Géronte. Queue de pie et chapeau claque de rigueur, la maisonnée s’épanche dans la morosité du siècle. Il pleut dans ce XIXe siècle-là et l’on s’ennuie sous les parapluies. La médecine scientifique tente en vain de soigner l’amour et la mélancolie. Le remède est ailleurs. C’est chez Molière, dans le XVIIe siècle, qu’il faut le chercher, dans l’épicurisme d’un Sganarelle fagotier qui s’improvise médecin. Ivresse et rire sont les maîtres mots de sa médecine baroque. Les ombrelles chassent les parapluies. Le ciel s’éclaire de bouteilles de vin en guise d’étoiles.

C’est le lit de Lucinde qui nous sert de « couloir du temps ». Passer sous le lit, c’est passer d’un siècle à un autre, le pourpoint baroque éclipsant peu à peu la noirceur de la redingote. Le péristyle de la maison redevient forêt de bouleau. Le théâtre se réinvente à travers la musique de Gounod. C’est toute la maisonnée de Géronte qui deviendra, grâce à Sganarelle, le tréteau du théâtre de Molière, reprenant les préceptes médicaux énoncés dans bon nombre de ses comédies ballets : «Ne pensons qu’à nous divertir, la grande affaire est le plaisir».
Sandrine Anglade, février 2009

Distribution                                                Rôle                                                               Voix

Olivier Naveau                                               Sganarelle (mari de Martine)                         Baryton
Marie-Paule Bonnemason                              Martine (femme de Sganarelle)                     Mezzo
Bertrand Bontoux                                           Géronte (père de Lucinde)                              Basse
Sevan Manoukian                                           Lucinde (fille de Géronte)                               Soprano
Olivier Hernandez                                          Léandre (amant de Lucinde)                           Ténor
Joëlle Charlier                                                 Jacqueline (nourrice)                                      Mezzo
Julien Picard                                                   Lucas (mari de Jacqueline)                             Ténor
Sacha Michon                                                 Valère (domestique)                                       Baryton
Thierry Mettetal                                            Robert (un voisin)                                            Comédien

Pascal Verrot                                                  Direction musicale
Orchestre de Picardie

Sandrine Anglade                                           Mise en scène
Claude Chestier                                               Scénographie et costumes
Eric Blosse                                                       Lumières
Pascaline Verrier                                            Collaboratrice artistique et mouvements
Joël-Marie Fauquet                                        Musicologue
Gérard Condé                                                  Musicologue
Françoise Pollet                                              Conseiller vocal
Nita Klein                                                        Conseiller théâtral
François Rostain                                             Maître d’armes
  
            
Le médecin malgré lui
Gounod Molière
Production déléguée            Fondation Royaumont - Unité scénique
Coproduction                         Maison de la Culture d'Amiens
                                                Orchestre de Picardie
                                                Compagnie Sandrine Anglade

Avec le soutien de la Fondation Orange et de KPMG
Avec le soutien à la diffusion de Arcadi

Photos du spectacle