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Compagnie Sandrine Anglade
            
Le Roi du bois
Opéra parlé d'après le texte de Pierre Michon sur une musique de Michèle Reverdy   

Mise en scène Sandrine Anglade / Scénographie et costumes Claude Chestier / Lumières Eric Blosse / Collaboration artistique et mouvement Pascaline Verrier

Avec : Jacques Bonnaffé / Le quatuor Varèse /
En alternance les enfant Roman Rondepierre et Michaël Oppert

Production déléguée : Compagnie Sandrine Anglade
Coproduction : Compagnie Sandrine Anglade, ARCADI, Scène Nationale de Besançon, Théâtre 71 Scène nationale de Malakoff, Maison de la Culture de Nevers et de la Nièvre, Ferme de Villefavard en Limousin.
Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France, du Fonds SACD Musique de Scène et de la Ville de Vincennes.
La compagnie remercie l’Arcal - Cie Nationale de théâtre lyrique et musical pour la mise à disposition de ses espaces.


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J'ai toujours lu les textes de Pierre Michon à voix haute. La délectation de cette langue- là, cette ramification de sens (des sens) qui forme la toile d'une histoire toujours pleine de salissures et de raffinement, il me fallait la goûter avec lenteur, dans l'articulation sonore des mots comme on prend plaisir à faire résonner la musique d'un poème.

Le "héros" de cette histoire, c'est Gian Domenico Desiderii, qui fut au service de Claude Le Lorrain de 1634 à 1659. Valet, broyeur de couleurs, petit prince qui voulut être roi, se prendre pour un roi à côté de celui qui sait, de celui qui peint, de celui qui transforme le monde et le fait ainsi exister.

Ici un homme se raconte. Mais le génie de Pierre Michon est de faire se correspondre et se confondre les êtres et les images : Gian Domenico Desiderii, c'est une partie du Lorrain, un corps, une rusticité, et le monde qu'il décrit est celui des toiles du maître, pénétrant avec les mots dans la magie des paysages romains, de Tivoli, les lavis et les couleurs, qui dégoulinent puis s’effacent quand surgit la bassesse de l'homme. Texte sur l'inassouvissement, la frustration, l'impotence de ceux qui ont cru ou voulu être à l'égal des Dieux et qui ont fait naufrage.

Je vois dans cette histoire un moment de vie, de ces moments où l'on s'arrête un peu, seul, un instant, avec soi-même, mais aussi avec ce qui fut soi. Cette enfance qui nous fonde, qui construit avec ses rêves ce que nous deviendrons. J’imagine l'homme, Desiderii, qui la fait renaître, tant le désir est grand de rêver encore à l'irréel, à ce qui échappe. Un homme et un enfant.

Comme accoucher de sa propre enfance, la laisser venir à soi, dans le chaos des souvenirs. Se donner une chance encore d'arrêter peut-être l'histoire au vol, de ne pas faire qu'un jour le monde se soit effondré par erreur de conduite. Rêver à nouveau la somptueuse découverte du luxe, de l'art, à travers l'étonnante image d'une princesse qui pisse dans les fougères. Prendre le risque pourtant de s'écraser contre sa propre bassesse, contre son lamentable prosaïsme, et  tuer  l'enfant. Qui est-il donc celui qui tue celui qu'il fut? Qui est-il encore?

Reflet de l'irréalité des peintres, de l'agitation envoûtante de Tivoli, la musique (un quatuor à cordes et le chant de l'enfant) sont un contrepoint nécessaire à la saleté du monde. Elle construit à l'intérieur du texte des lignes de fuite, des envolées, des leitmotivs obsédants au cœur desquels les voix de l'homme et de l'enfant s'inscrivent. Les musiciens sont les peintres, et le jeu de leur présence physique, comme la spatialisation de la musique, participe de la construction et de la destruction de cet espace imaginaire de Tivoli. Et puis la voix de l’enfant, qui ponctue et clôt cette histoire, comme une prière.

Sandrine Anglade, metteur en scène
(c) Silouane Kohler